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Camp de Gurs

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Gaizka Bidegain

Le camp de Gurs

Entre 1939 et 1945, le camp de Gurs fut l’un des plus grand camp d’internement de France.
Environ 64000 personnes de populations différentes y ont été internées :
des espagnols (printemps et été 1939), des
« indésirables » (mai – juillet 1940),
des juifs (octobre 1940 – novembre 1943), des Gitans (printemps 1944).

Le camp de Gurs se situe en pleine forêt, dans le village éponyme.
Il se visite sans horaire tous les jours. Vous pouvez donc y accéder librement à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.
Un parcours jalonné de panneaux explicatifs vous permet de découvrir son histoire en toute liberté.

 

En voici un aperçu…

  • La visite commence au bâtiment d’accueil.
    Sur place, un film retrace l’histoire du camp en une dizaine de minutes.
    S’il faut jouer avec la luminosité et les reflets pour bien voir les images à l’écran, le récit conté relate très bien les faits et interroge le visiteur sur les fondements de la démocratie. 

POURQUOI LE CAMP DE GURS ?

 

La création du camp de Gurs est consécutive à la débâcle des républicains espagnols à Barcelone, face aux troupes du Général Franco en janvier 1939.

S’en suit “la Retirada” : 500 000 hommes, femmes et enfants qui tentent de passer la frontière pyrénéenne. On parle de fleuve humain, même les bergers amènent leurs troupeaux !

Les soldats républicains espagnols ainsi que les populations ayant passé la frontière en masse, les autorités françaises décident de les placer dans des camps dits d’accueil.

  • Dirigez-vous vers la forêt (qui n’existait pas en 1939).
    À l’entrée de celle-ci, des panneaux explicatifs agrémentent votre visite et vous indiquent le sens de visite.

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C’est le nombre de baraques construites en 42 jours, organisées en 13 îlots ceinturés de barbelés. Le camp est également ceinturé de barbelés, 250 km en tout. Il s’agit de camps dans le camp. Il y a des îlots pour les hommes et des îlots pour les femmes et enfants. À 12 ans, le garçon rejoint son père.

Les baraques sont conçues pour n’être utilisées qu’un seul été, elles protègeront ainsi peu du froid et mal de la pluie.

Environ 24 530 républicains espagnols furent internés à Gurs. C’était pour la plupart des combattants basques, des aviateurs et des volontaires des Brigades Internationales.

LES INDESIRABLES

 

En septembre 39, la France déclare la guerre à l’Allemagne.

Malgré un état de délabrement avancé des baraques et un camp presque vide en 1940, le gouvernement français y internera :

– des réfugiés allemands, autrichiens et polonais arrêtés dans l’agglomération parisienne. Une partie de ces réfugiés proviennent de la 1er Rafle du Vel d’Hiv : ainsi le 12 mai 1940 les autorités françaises ordonnent le rassemblement des femmes étrangères au Vélodrome d’Hiver. Celles-ci seront arrêtées et transférées à Gurs.

– des Mosellanes : des femmes françaises de la Moselle ayant épousé un allemand ou d’origine allemande. Ces différentes femmes sont suspectées par les autorités françaises de faire partie de la « cinquième colonne ».

– des républicains espagnols qui continuaient à fuir le régime de Franco.

– et des prisonniers politiques…

Dès lors que l’on n’avait pas de papiers français, on représentait un danger potentiel.

  • Traversez la baraque reconstituée pour poursuivre la visite et continuer à vous informer via les panneaux explicatifs.

LA VIE DANS LE CAMP

 

Les conditions de vie au camp sont extrêmement précaires.

Elles se sont dégradées dès l’hiver 1939-1940. Les baraques résistent mal aux intempéries. L’humidité est constante. La boue due à cette terre argileuse est inévitable, les fossés de drainage sont en nombre insuffisant, et impitoyable. Le terrain devient un véritable marécage.

La promiscuité est grande : 60 personnes dans une baraque, seuls 70 cm de largeur sont dévolus à chaque interné.

  • Au bout du chemin en caillebotis, repartez vers le début de la forêt.
    Continuez tout droit…
    Vous allez passer devant le cabanon où Elsbeth Kasser (citée plus haut) recevait les enfants du camp.
    Puis, vous allez enjamber une voie ferrée. Il n’y avait pas de train à Gurs : la gare était à Oloron-Sainte-Marie.
    La voie ferrée est un mémorial national réalisé par Dany Karavan pour représenter l’internement à Gurs et la déportation vers d’autres.
    Continuez votre chemin en direction du cimetière des déportés.
    Le petit portail est toujours ouvert.

LE RÉGIME DE VICHY

 

Avec l’arrivée des Juifs au camp à partir d’octobre 1940, Gurs devient le symbole de l’antisémitisme du régime de Vichy.

De 1940 à 1943, 20 000 juifs ont été internés à Gurs :

– Des Juifs allemands du Pays de Bade, du Palatinat et de la Sarre : ce sont des personnes âgées en majorité. Près de 800 d’entre eux mourront dans les semaines suivant leurs arrivées.

– Des Juifs (hommes, femmes et enfants) transférés depuis d’autres camps de la Zone Sud.

– Les victimes des rafles et des opérations de police. Tous ceux que les services administratifs désignent comme “étrangers en surnombre dans l’économie française”. Leur seul crime : être né juif.

LE CAMP AUJOURD’HUI

 

En 1962, le consistoire israélite du Pays de Bade se rend à Gurs, il ne restait plus que le cimetière du camp et il n’était pas entretenu.

Depuis 1962, c’est le consistoire qui paye pour l’entretien du cimetière.

1062 personnes reposent dans ce cimetière. 1062 personnes dont l’identité est connue.

Le camp de Gurs est un des trois lieux de mémoire nationale avec le Vel d’Hiv et la Maison d’Izieux honorant la mémoire des victimes du racisme et de l’antisémitisme de Vichy. Le mémorial, réalisé par l’artiste israélien Dani Karavan, se compose d’une ossature de baraque représentant l’internement à Gurs (seul élément propre à Gurs), de 200 m  de voies ferrées pour symboliser la déportation et d’un espace ceinturé de barbelés pour le système concentrationnaire comme à Auschwitz.

À l’emplacement du camp, se dresse maintenant une forêt : une chape végétale que l’on a coulée sur ce passé sombre. Pourquoi ? Le camp a toujours été régi par l’administration française.

L’allée des internés, longue de 2 km vous permet de traverser le camp, et rejoindre son entrée historique (celle qui donne sur la route de l’Hôpital-Saint-Blaise) où se dressent une vingtaine de colonnes rendant hommage aux internés du camp.

Le long de l’allée et aux abords de la reconstitution de la baraque (même dimension mais pas les mêmes matériaux) plusieurs lutrins informatifs viennent renseigner et expliquer l’histoire de ce camp.

Le bâtiment d’accueil, point de départ mais aussi point d’arrivée de cette visite affiche plusieurs reproductions d’œuvres réalisées par les internés, de photographies de ces derniers, de vues du camp. Le film qui est à lancer résume chronologiquement l’histoire de ce site, appuyé par des photos d’archives. L’ordinateur mis à disposition complètera l’information quant à l’histoire générale du camp.

 

Depuis les années 80, l’amicale du camp de Gurs œuvre activement pour le devoir de mémoire : recherches de fonds aux recherches d’anciens internés, animation des commémorations à celle des conférences,  témoignages à l’écriture de livres… Retrouvez les actions sur leur site internet : Camp de Gurs 

La cité de Navarrenx, depuis 1965, est jumelée à Rheinstetten, ville allemande du pays de Bade. Ce jumelage est né de la volonté des hommes de dépasser le drame du camp d’internement de Gurs.

  • Revenez sur vos pas, en direction du bâtiment d’accueil.

Pour prolonger votre visite

La force de l'Art au-delà des barbelés

Les mélodies, textes et tableaux présentés lors de cette visite ont été créés par les internés, derrière les barbelés, au sein même de ce camp miséreux. Ils sont l’expression la plus intime de leurs souffrances, de leurs angoisses et de leurs espoirs… Dénués de tout, ils ont porté l’Art dans leur cœur comme leur joyau le plus précieux, comme un ultime refuge dans lequel ils ont pu préserver leur dignité humaine.
Plus de quatre-vingts ans après, ces œuvres renaissent un instant, nous replongeant dans le vécu des internés, au cœur de ce que fut le camp de Gurs.

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