
Le village de Laàs
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0. La douane de Laàs
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Bienvenue à Laàs, un village béarnais pas comme les autres ! Depuis 2015, Laàs, petite commune française, est devenue une principauté, avec son passeport, sa douane, et même un trône ! Regardez bien cette guérite bleue, juste là en face de vous : c’est la douane de Laàs. Mais restez sur vos gardes : un douanier pourrait vous demander votre passeport et contrôler votre identité…
Avez-vous remarqué le blason de Laàs ? Il y a deux vaches rouges (symbole du Béarn), un épi de maïs (la culture du maïs a révolutionné le Béarn), une coquille Saint-Jacques (emblème des pèlerins de Compostelle), une dague (représentant le couteau, objet du martyr de Saint Barthélémy, patron du village) et une étoile bleue (symbole de la baronnie).
L’histoire ne s’arrête pas là. En janvier 2015, le maire de Laàs Jacques Pedehontaà réagit fermement pour lutter contre les déserts ruraux et le projet de réformes des collectivités territoriales. Après 4 ans d’études de projets, il proclame « la principauté de Laàs » avec comme devise : “Passion et audace”, la passion d’un territoire et l’audace de ses hommes.
Partons à la découverte de ce village haut en couleurs !
Prenez à droite, longez le mur du château et la D27 et remontez vers le bourg… Quelques mètres plus loin, engagez-vous sur la droite sur la rue du château. Vous allez longer un ruisseau tout en profitant de belles demeures béarnaises des XVIII-XIXe siècles.
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Poste de douane à Laàs
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1. Le château de Laàs
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Nous arrivons sur une petite place avec sur la gauche, l’ancienne entrée du château de Laàs.
Au XIIIe siècle, un premier château pourvu de fossés est construit à cet endroit, dominant le gave d’Oloron, assurant ainsi le contrôle de la rivière, son passage et le transport de marchandises.
En 1610, Jean de Laàs, seigneur de Laàs, obtient le titre de baron. Cette distinction lui est accordée en récompense de sa fidélité et de son engagement militaire aux côtés du futur Henri IV, roi de France et de Navarre. Le château et son village deviennent alors le symbole d’un pouvoir local reconnu.
Le château, ou plutôt la gentilhommière actuelle, date principalement des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles. Saviez-vous que le château a été réaménagé par les héritiers de la maison de Cognac en 1946 ? En effet, Louis Serbat et son épouse Madeleine de Vaufreland, héritière de la maison de Cognac, en font l’acquisition et le réaménagent. Aujourd’hui, vous pouvez découvrir leurs collections d’arts décoratifs ainsi que son célèbre parc et ses activités !
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2. Le Làas Vegas boulevard
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Trouvez une plaque formant une étoile bleue fixée sur le mur de la maison aux murs jaunes ; ici débute le Làas Vegas boulevard, Le Walk of Fame d’Hollywood de Laàs. En 2016, 33 étoiles à l’effigie de chanteurs ou personnalités sont posées au grès des habitations pour commémorer les 20 ans du festival de musique des Transhumances.
À vous de repérer les étoiles et deviner qui s’y cache : Johnny Clegg, Murray Head, I Muvrini, Yannick Noah, Maxime le Forestier, Zebda, Manu Chao, Hugues Aufray, Calogero, Vianney…
Remontons la rue du château. Les maisons, massives, bordent ici et là, cette rue. Certaines possèdent encore leur jardin et leur verger familial assurant ainsi l’autonomie de la famille.
En débouchant sur la Départementale 27, prendre sur la gauche en direction du bourg.
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3. Le Quillier et les vieux métiers
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Après avoir traversé le pont, nous voyons au loin se dessiner la maison Lacrouts sur la gauche au coin du virage. Sur sa façade, au-dessus de l’étoile de Nelson Monfort, se trouve un macaron : « Le joueur de quilles ». Cette maison possédait un plantier, un espace de terre battue pour jouer aux quilles, un jeu profondément ancré dans la tradition béarnaise. Ce jeu de 9 ou 6 quilles est encore pratiqué, transmis de génération en génération depuis le XIVe siècle. On appelait autrefois ce lieu « la maison du Quillier », et servait à la fois de café et d’épicerie. Comme dans beaucoup de villages.
Continuons notre découverte jusqu’à la place du village, face à l’église.
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4. Laàs, centre du monde !
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Nous voilà au centre du monde en plein cœur du Béarn. Quelle polémique !
En 2012, une affirmation audacieuse circule : si tous les Basques poussaient ensemble leur célèbre cri, l’irrintzina, les vibrations ainsi produites feraient du Pays basque le centre du monde. Le maire de Laàs, jamais à court d’idées, réagit sans tarder. À travers une vidéo, il sollicite l’avis du Professeur Coudouy, éminent scientifique béarnais, qui conclue que c’est faux. Laàs est bien le centre du monde, donc, en Béarn. N’en déplaisent aux basques !
Faites vos calculs vous-mêmes et jetez un coup d’œil sur le panneau directionnel au centre de la carte céleste peinte au sol. Vous aurez peut-être une réponse…
Laàs est bien un village béarnais original, n’est-ce pas ? Et ce n’est pas fini…
Retournez-vous et allez en direction du mur droit de l’église.
Impossible de tomber en panne d’heure à Laàs… Sur ce mur de l’église, des sculptures et panneaux illustrent l’heure à travers différents types de cadrans solaires.
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5. La mairie et la fontaine
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Faisons quelques pas en direction de la mairie, facilement reconnaissable sur votre gauche.
Nous voici au cœur du village de Laàs, entourés des édifices essentiels à la vie locale au XIXe siècle :
- Une église avec son horloge et sa cloche qui rythment encore la vie des laassois.
- Une école : c’est ici que les enfants du village venaient apprendre à compter, lire, écrire en français, à une époque où le béarnais était encore largement parlé au quotidien. Garçons d’un côté et les filles de l’autre, les jeunes élèves étaient obligatoirement libérés en juillet et août pour aider les parents au travail aux champs. Accolée à l’école se trouvait la première mairie. Ce bâtiment héberge actuellement un restaurant, l’école a disparu et la mairie se retrouve en face à côté du « Palais de la principauté ».
Avançons-nous vers cet édifice, passez le portail où trônent les emblèmes de la principauté en fer forgé rouge. Attention, vous allez pénétrer dans l’enceinte du « Palais de la principauté ».
Sur la façade, sont fixées :
- Deux étoiles qui font encore référence aux transhumances musicales, grand festival de musique qui accueillait des grands noms de la chanson dans le parc du Château.
- Une série de drapeaux de pays qui cultivent le maïs, le « milhoc », autre symbole de la culture béarnaise du XXe siècle. En octobre, Laàs vibre encore durant la fête du maïs au cours de laquelle grand public et professionnels de la filière peuvent découvrir ou redécouvrir cette plante en faisant la fête.
- Et une brouette bariolée de couleurs. Il s’agit encore d’une idée audacieuse du maire de Laàs : la course de brouette. En août, durant 3 heures, des équipes s’affrontent, brouette à la main sur un parcours en plein cœur du village ! L’événement, depuis 1983, est encore très suivi aujourd’hui.
Reprenons notre route en direction d’un monument bien curieux : la fontaine de village flanquée d’une colonne coiffée d’une… brouette en pierre. Ce monument nous révèle une histoire bien singulière. Jean-Pierre Casamayou-Larroque, issu d’une famille de tailleurs de pierre depuis des générations, émigra en Uruguay vers 1840. Bienfaiteur, il envoya à la commune de l’argent pour construire une fontaine et deux abreuvoirs en 1870 après avoir fait fortune.
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6. Les métiers aujourd’hui disparus
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Notre balade reprend en direction de la rue carrecabe qui remonte vers le haut du village.
Au gré de votre marche, vous poursuivez à votre rythme la découverte des métiers disparus aujourd’hui : charron, forgeron, sabotiers, etc. Disparus parce que la société a changé et la population a émigré. En 1840, il y avait presque 600 habitants. La population décroit à partir de 1860 avec en 2023, 140 habitants.
Mais depuis toujours, la région regorge de gisements d’argile et de calcaire et les terres sont riches. L’activité essentielle du village reste encore agricole. Mais l’artisanat était autrefois important avec la taille de la pierre et le travail de l’argile. Au début du XXe siècle, Laàs comptait 54 artisans de la pierre et jusqu’à 14 fours de potiers. Tous aujourd’hui ont disparu.
Continuons notre promenade.
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7. L’architecture béarnaise
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Arrêtons-nous au n°289, sur votre gauche. Une maison familiale typiquement béarnaise se dessine devant vous. Vous pouvez deviner sur la droite la partie habitat accessible par une porte cloutée. Sur la gauche se trouve la partie « agricole ». Une porte cochère donne accès à une grange.
Une génoise originale formant des ondulations et de petits denticules délimite le bâti de la toiture. Tout comme les épis de faitages sur les extrémités des toitures, sortes de pointes en métal ou en terre cuite, ces éléments architecturaux démontrent l’importance sociale du propriétaire.
La toiture à forte pente est faite de tuiles plates appelée tuiles « picon ». Elle est revêtue à sa base par de petits avant toits : les« coyaux ». Ils avaient pour fonction d’évacuer rapidement la pluie sans toucher les murs de la maison.
Sur la partie haute de la porte cochère se trouve un fer forgé en forme de « X » étiré. Il s’agit d’un tirant, fixé sur les murs déformés. Retournez sur vos pas sur quelques mètres et jetez un coup d’œil sur le mur légèrement déformé. Aucun risque que le mur s’effondre, les tirants de chaque côté des murs retiennent l’affaissement.
Poursuivons tout droit jusqu’au croisement de la rue de l’église et remontons jusqu’à la chapelle.
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8. La chapelle Saint-Barthélemy
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Nous voici devant la première église du village, datant du XIIe siècle, qui connut une histoire des plus mouvementées, expliquée sur les panneaux.
Construite sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, c’est une église romane avec un clocher-porche protégé par d’épais contreforts. Cherchez les sculptures de deux chrismes qui représentent un cercle enfermant des symboles chrétiens, et deux nœuds borroméens. Curieusement installées, ces sculptures ne sont pas d’origine et ont été probablement réemployées à une date inconnue.
La chapelle « servit d’église paroissiale jusqu’au XIXe siècle » jusqu’à la construction de l’église Saint Barthélemy dans le village. Cette chapelle devient alors la propriété de la famille Latrille, comtes de Lorencez, habitant le Domaine de Laàs. Vous retrouverez le blason familial sur la façade de la chapelle.
Laissée à l’abandon, la commune finit par racheter l’édifice pour le restaurer. Aujourd’hui désaffecté, désacralisé, l’ancien lieu de culte est devenu un lieu culturel et de spectacle : le cabaret de la fourmi rouge, en mémoire aux caravelles, guides de France vêtues de rouge qui sont venues restaurer le monument dans les années 1990. Avez-vous remarqué la girouette fabriquée par les Caravelles ?
Poursuivons notre visite : juste après le petit cimetière, vous redescendrez tranquillement vers le bourg.
Il est possible de profiter du point de vue sur la plaine du gave et la chaîne des Pyrénées à la table d’orientation située à un kilomètre de là. Il n’y a qu’à suivre la route sur votre gauche.
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9. Si l’envie vous prend
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Avant de repartir en direction du parking du château, n’hésitez pas à profiter de la fraîcheur et des animations de l’église Saint Barthélémy du bourg.
« Passion et audace », la passion d’un territoire et l’audace de ses hommes.














